Listes de dot par ethnie
Une même grammaire — frapper à la porte, présenter, fiancer, doter, honorer les parents, célébrer — déclinée selon chaque tradition. Exemples indicatifs à confirmer avec les familles.
Depuis la loi n°045/2020 reconnaissant le mariage coutumier, la dot (espèces et nature) est plafonnée à 1 500 000 FCFA. Les listes ci-dessous sont des repères culturels : chaque famille remet SA liste, et tout se négocie dans la parole.
Peuple côtier de l'estuaire et du bas-Ogooué, les Myènè ont une cérémonie en de très nombreuses étapes nommées, rythmée par les boissons « fines » (whisky, rhum, martini), les pagnes et l'art oratoire. La liste ci-dessous, en parler Nkomi, détaille chaque étape de l'art de demander la main.
Premier groupe du nord forestier, les Fang articulent la dot autour de la parole, des barrages symboliques, de la malle de la mariée et des vivres en abondance. La démarche part du Nda bot (segment de lignage) : émissaires, conclave (Beyeng), fiançailles (Ékuludzang), puis la grande cérémonie (Mekenga M'Aluk) chez les parents de la femme — barrages, pourparlers menés par un orateur aguerri, sortie de la mariée sur un chemin de feuilles de bananier et cris de joie (Oyenga).
Peuple des plateaux Batéké de l'est, les Téké pratiquent la « dot de la nuit » : la veille du mariage, en secret, huit membres de chaque famille (représentant les huit clans de chacune) négocient la « rupture du cordon » entre la mère et la fille. Particularité du Haut-Ogooué : il n'existe souvent pas de liste de dot — les présents sont laissés à l'appréciation du gendre. C'est l'aire du mariage de Rhudye & Sidney, dont les tables portent les noms des villages Téké.
Chez les Obamba/Mbédé, le mariage — l'Abomo, l'un des trois grands actes de la vie avec la naissance (Okoumbi) et le décès — est scellé par l'enclume, forgée par un initié : on ne la pose pas, on la laisse tomber, et le bruit sourd est l'acquiescement des esprits des deux familles. La mariée pose les pieds dessus pour « asseoir » son mariage. Ils partagent avec les Téké la « dot de la nuit », et la famille de la fille offre en retour une contre-dot, le lekarighi.
Grand peuple du sud, les Punu appellent le mariage Diwèl et la dot tsombu. La cérémonie est un théâtre de la parole : joute oratoire d'ouverture, récitation des généalogies (l'endogamie clanique est proscrite), identification de la fiancée parmi des jeunes filles voilées (amende en cas d'erreur !), franc symbolique qui circule du père du marié à la fiancée puis à son père. La bénédiction finale : le père de la mariée pulvérise du vin de palme de sa bouche sur les mariés. « En pays punu, la dot se confond avec l'union des deux familles » — aucun montant n'y est théoriquement exigé.
Proches des Punu par la langue et les rites, les Eshira/Gisir sont une société matrilinéaire : l'oncle maternel (le katsi) dirige la famille, mais la famille paternelle conserve des droits sur la dot. Historiquement, la dot gisir comptait cabris, enclumes, perles, colliers et objets de fer, complétés par des services rendus au beau-père (gibier, bois).
Chez les Nzébi, l'union se scelle devant l'assemblée des deux familles, dans ou derrière la maison du père de la fille. Les porte-parole — jamais les pères biologiques — mènent une joute oratoire de longues heures (interdite la nuit), nourrie de généalogies et de proverbes. Particularité : les parents nzébi ne fournissent généralement pas de liste — la valeur des présents est laissée à l'appréciation du gendre, mais tout va par deux (une part pour la famille paternelle, une pour la maternelle). Et l'enclume, le nzuundu (~20 kg de fer massif), est incontournable : « aucun mariage ne peut être conclu, car c'est elle qui en donne le poids ».
Peuple forestier du nord-est, célèbre pour ses reliquaires recouverts de cuivre et de laiton (« mbulu-ngulu »), les Kota sont organisés en clans patrilinéaires et exogames — sauf les Mahongwé, devenus matrilinéaires. Leurs rituels sont traditionnellement gardés secrets : aucune liste de dot kota n'est publiée. La liste réelle se collecte auprès de la famille de la mariée — c'est de toute façon l'usage gabonais. Les étapes ci-dessous suivent le schéma général (côcôcô → fiançailles → dot → dépôt de la mariée).
Rattachés au groupe Membè (Okandé-Tsogho, avec les Mitsogho, Apindzi, Evia et Okandé), les Puvi/Pové vivent entre la Lolo et l'Offoué. Aucune liste de dot puvi n'est publiée à ce jour : leur tradition se transmet oralement, et la liste réelle se demande aux anciens de la famille de la mariée — c'est l'usage. Les étapes ci-dessous suivent le schéma général du mariage coutumier gabonais, avec les symboles portés par les peuples de la Ngounié.